Search
  • Ste. Thérèse - Jean XXIII

EN MÉMOIRE …



Homélie 2 Novembre 2020


Après avoir célébré la Toussaint, nous faisons mémoire de tous ceux qui nous ont quittés en nous rassemblant pour prier. La communauté chrétienne à travers toutes les personnes qui accompagnent les familles en deuil souhaitait inviter les familles qui ont été marquées par le décès d’un proche durant l’année.

La préparation de la sépulture avec les familles est un moment privilégié pour relire, redire la vie de la personne qui nous quitte. On se rappelle les dates, on fait remonter des souvenirs, on fait mémoire des beaux moments vécus mais aussi des moments de vie plus difficiles. Les sépultures qui ont eu lieu durant le confinement, nous font mesurer à quel point il est important d’être entouré de la famille, des amis, de l’entourage dans ces moments si particuliers, où nous confions à Dieu ceux qui nous ont quittés.

La Parole de Dieu nous permet de mettre des mots sur notre expérience devant la mort, sur notre foi et notre espérance en ces moments-là. Le très court texte de Saint Jean dans l’Apocalypse, fait retentir une autre béatitude : « Heureux, dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur » Encore une béatitude difficile à entendre quand nous pleurons et vivons la douloureuse absence de celui ou celle qui nous a quitté. Pourtant, en venant prier aujourd’hui, dans le prolongement de la fête de la Toussaint, nous vivons de cette espérance. Les personnes dont nous faisons mémoire ont souvent traversé des épreuves de santé, professionnelles, familiales. Au moment de la sépulture, les familles mesurent aussi comment elles ont tenu bon pour traverser les épreuves de la vie et expérimenter la fidélité de Dieu.

C’est ce que l’Apôtre saint Paul, exprime autrement. Il nous dit que dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Notre vie ne prend son sens et sa véritable dimension que lorsque nous nous ouvrons à l’amour de Dieu pour vivre de sa vie éternellement.

Saint Paul prend acte du mal, de la souffrance et de la mort qui existe depuis la création du monde. Si la mort a établit son règne par la faute et le péché dont l’homme est marqué dès l’origine, c’est pour être sauvé aussi par le Christ : «  De même que le péché a établit son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne par Jésus-Christ notre Seigneur. »

A travers l’épidémie du COVID 19, alors que l’avions évacué de notre quotidien, de notre horizon, le malheur et la mort font leur entrée dans nos vies. Comme soignants, directeur d’Ephad, il faut accompagner les familles marquées par le départ d’un proche. Nous sommes atteints dans notre chair par des personnes que nous ne connaissions pas mais qui sont les victimes innocentes des attentats comme le professeur Samuel Paty, ou de Nice comme Vincent Loquès, Simone Borreto et Nadine Devillers.

Alors que nous faisons mémoire des défunts, la Parole de Dieu nous rappelle que la mort fait partie de la vie, qu’elle est passage avec le Christ, rencontre avec le Seigneur.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous parle d’un serviteur qui attend son maître. Il est là dans son travail, dans ce que l’on attend de lui comme serviteur. Jésus s’identifie ensuite à ce maître qui accueille son serviteur. Jésus reconnaît son serviteur dans ce qu’il a vécu au cours de sa vie.

Mais à ce moment-là, les rôles s’inversent, le maître prend l’habit du serviteur. Jésus accueille celui qui s’est tenu prêt à accueillir son maître. Jésus le reconnaît dans sa manière qu’il a eu de servir et d’aimer les autres.

L’évangile que nous venons d’entendre en ce 2 Novembre, en appelle à une vigilance (veiller à la santé et à la vie des autres par le respect du reconfinement et des gestes barrières) (veiller au respect de la vie de l’autre bien qu’il soit étranger à ma vie, il est quand même un frère). Une vigilance qui est préparation dans la nuit de ce monde. Comment rester éveillé sinon en gardant devant nos yeux le Christ « lumière née de la Lumière », en ayant un esprit de prière et de service…


Homélie TOUSSAINT A 2020


Si nous venons si nombreux aujourd’hui, c’est que nous pensons à tous ceux qui nous ont quittés…S’appuyant sur notre foi, nous croyons qu’ils partagent la vie et le bonheur de Dieu. Ils marchent avec ceux qui ont mis leurs pas, dans les pas du Christ en vivant les béatitudes de l’évangile. Tous ces anonymes rencontrés, ont vécu ainsi les béatitudes de l’évangile.

La Toussaint, c’est aussi notre fête, la fête des baptisés, de tous ceux qui sont invités à partager la sainteté de Dieu, son amour. Comme le dit Saint Jean dans sa lettre : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. » Nous mesurons combien, dans la période d’incertitude que nous traversons, nous avons du mal à vivre de cet amour de Dieu. Nous constatons amèrement, combien notre monde est marqué par la division, la violence et le malheur. Nous paraissons bien impuissants devant ce qu’il nous arrive, ne sachant pas comment s’y prendre pour changer ce monde. Et si c’était nous qui avions d’abord à changer en vivant l’esprit des béatitudes : avoir un cœur de pauvre, devenir doux, être affamé de justice, savoir être miséricordieux, chercher la paix.

Pourtant, lorsque nous célébrons la fête de tous les saints, nous contemplons notre avenir…qui est déjà là ! La victoire de la vie en Dieu nous est déjà donnée en partage. Comme baptisé, au cœur de ce monde qui crie, nous avons à témoigner de notre espérance. Le jour de notre baptême, nous avons reçu 2 signes qui sont évoqués dans la première lecture : le signe du Sceau, le signe du vêtement blanc.

Nous avons été marqués le jour de notre baptême, du signe de l’huile sainte : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Le livre de l’Apocalypse qui peut nous paraître étrange à première vue joue sur le nombre de ceux qui sont marqués du sceau du Dieu vivant. Autrement dit, combien entreront dans le royaume de Dieu, combien seront sauvés ? La réponse est bien au-delà du chiffre symbolique de 144000. Tous seront sauvés grâce au sang de l’Agneau. Nous avons entendu dernièrement que par le confinement, nous voulions sauver Noël. Mais c’est bien Noël qui va nous sauver. Cet agneau, qui surgit pour prendre la tête du troupeau, de cette foule innombrable et qui vient sauver notre monde qui va sa perte, c’est le Christ. Jésus par sa mort et sa résurrection est cet agneau vainqueur, signe d’un Dieu dont l’amour est sans commune mesure puisqu’il est miséricorde.

Le signe du vêtement blanc apparaît à la fin du texte : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Les baptisés revêtent le vêtement blanc, quand ils affrontent les difficultés tout en témoignant de leur foi du Christ. Mais l’amour de Dieu ne se limite pas à quelques-uns. Le salut est offert aussi à tous ceux qui ont franchi la grande épreuve de la vie. Le Christ a porté sa croix pour tous les hommes. Il a communié à leurs souffrances. Le Christ a donné sa vie pour eux aussi.

Le message de Jésus, le texte des béatitudes est un texte qui traverse les cultures, qui peut parler à tous les hommes, de religions différentes…

Les béatitudes nous invitent à voir au-delà de notre réalité humaine, tout en prenant en compte notre condition humaine. Notre humanité est marquée par la pauvreté, par la souffrance, par la violence, par la faim et l’injustice.

Pourtant au cœur de ce monde germe le royaume d’amour de Dieu. Le bonheur des Béatitudes n’est pas pour demain, mais pour aujourd’hui. Il est un appel à aller de l’avant, à notre mettre en marche à la suite du Christ ! Notre monde est conduit par la logique de la richesse de l’argent, de la force des puissants, de la violence de l’injustice. Le Christ fait tout l’inverse de ce qui fait tourner notre monde. Le Christ donne la première place aux pauvres, il vient consolés ceux qui pleurent, il avantage les doux, il comble ceux qui souffrent d’injustice, il met en valeur ceux qui travaillent pour la paix !

En cette fête de la Toussaint, osons-nous aventurer dans ce chemin de la sainteté, qui est un appel à entrer dans la logique de l’amour de Dieu qui dépasse toute logique humaine.

6 views