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  • Ste. Thérèse - Jean XXIII

AU REVOIR JEAN-LUC


Jean-Luc Guitton, diacre de la Paroisse Jean XXIII nous a quittés le vendredi 26 février suite à une longue maladie.

Ses filles nous partagent la présentation qu'elles ont préparée pour ses obsèques en l'église du Sacré-Cœur le mercredi 3 mars.



Pas tout facile de se retrouver devant vous, de savoir comment vous parler sans pleurer, ni être prises d’un fou rire. Mais très heureuses de votre présence.

Il a fallu nous « mettre en projet » comme nous a suffisamment répété Papa, pour écrire ce mot. Pas si simple de trouver les mots justes... On ne va pas faire ici l’éloge de la vie de Papa, avec un long listing de ses qualités, de ses engagements à chaque étape de sa vie, en omettant volontairement ses défauts. Alors voilà ce qu’on vous propose : A vous tous qui avez eu la chance de partager des moments avec lui, nous avons plutôt envie de nous attarder sur ce qui a été l’essence de sa vie. Envie de vous le transmettre comme des perles de sagesse et d’amour pour continuer à fêter la Vie.

« Il fallait bien qu’un visage réponde à tous les noms du monde. »

Cette phrase de Paul Eluard a marqué votre rencontre avec Maman. Vous pouviez bien nous dire de prendre notre temps, vous qui vous êtes mariés 6 mois après votre rencontre !... Pour vous, c’était une évidence.

Cet Amour au cœur de votre couple, il vient de plus loin. Il est enraciné dans vos grandes familles où vous avez grandi dans la tolérance et la bienveillance. Papa, Maman, deux visages différents, complémentaires, qui ont révélé le meilleur de l’un et de l’autre. Aujourd’hui, on parle beaucoup de Papa mais c’est bien Maman qui repassait derrière lui pour refixer une étagère, c’est elle qui apaisait ses inquiétudes, et qui l’aidait à prendre de la distance. On se souvient de sa voix lui disant « Mais laisse donc tes filles faire leur choix et choisir leur chemin ! »

Cet Amour, vous l’avez vécu pleinement, puis vous l’avez transmis à travers nous et vos petits-enfants. Combien de fois nous nous sommes dit : « Quel plaisir on a de se retrouver ensemble, la tribu de la Guittounerie ! » Et votre Amour n’a pas rayonné seulement dans notre famille, mais dans votre quartier, votre paroisse, auprès de vos amis, vos collègues, les détenus, les migrants..

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Une autre phrase extraite de l’album Lamomali vous correspond bien :

« Toi, qui que tu sois, je te suis bien plus proche qu’étranger. »

Il n’ y a qu’à voir ces derniers jours le nombre de personnes de tous horizons qui racontent l’intensité de la première rencontre avec Papa : le regard bienveillant, les bras ouverts, le sourire engageant, la qualité d’écoute... Plusieurs nous ont dit : «Avec Jean-Luc, je me suis tout de suite sentie accueillie. » ou « Je garde au cœur son accueil chaleureux quand j’ai mis les pieds pour la première fois à St Hilaire.»

« Avance en eau profonde. » Cette phrase que Papa avait choisie lors de son ordination a résonné fort pour lui au début de sa maladie. L’annonce était difficile à entendre... Ensuite, il nous répétait souvent «Attendons-nous à l’inattendu. » Et il rajoutait : « Tout peut arriver, y compris le meilleur ! » Papa était confiant et il gardait espoir à chaque étape délicate, et il y en a eu beaucoup !

C’est au moment où il a cru mourir et où il a perdu la vue, en avril 2020, que Papa s’est appliqué à rechercher le Beau autour de lui. Petit à petit, il a appris à accueillir ce handicap au jour le jour, et il a repris goût à la vie... on peut même dire qu’il a retrouvé sa gourmandise naturelle ! Tous ses sens étaient en éveil. Tout était occasion à s’émerveiller : l’éclat de rire d’une soignante, le parfum d’une fleur, la saveur d’une fraise, la redécouverte d’un morceau de musique classique... Nous sommes devenus créatifs pour multiplier ces occasions : les petits enfants ont enregistré des alarmes sonores personnalisées sur son téléphone, ils ont inventé des jeux de devinettes à l’aveugle, ils ont lu des belles pages de leur choix... Papa aimait à répéter « La vie, quel cadeau ! Je vis chaque jour comme un cadeau .»

On pourrait aussi vous parler de : Papa contemplatif de la nature ; Papa philosophe et à l’affût de toutes les émissions traitant de sujets de société qui l’animaient ; Papa et son souci du mot juste pour partager son expérience jusqu’à écrire et réécrire (et réécrire encore!) le récit de ses trois années de maladie ; Papa bon public, qui ne se prend au sérieux et qui se régale de voir les gens rire ! D’ailleurs, plusieurs ici ont dû contenir un fou rire avec lui... n’est-ce pas Bernard ? Nicolas ?

«Il fallait bien qu’un visage réponde à tous les noms du monde.»

Finalement, si au début de votre histoire, ce visage était celui de Maman, il peut résonner autrement pour chacun de nous aujourd’hui...



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